En réfléchissant
sur la nouvelle relation à concevoir entre l’Etat et l’entreprise, Sami M.
MOULAY, animateur du premier panel, s’est montré optimiste. Le concept de
« l’après crise » montre d’ailleurs, selon lui, un retour à la
situation d’équilibre qui s’accompagne, néanmoins, de certaines questions sur la
durabilité de la reprise économique. « L’après crise »
constitue-t-elle une vraie réforme, un nouvel ordre mondial à instaurer ou une
sortie forcée de la crise ? Si Obama disait, en plein milieu de la crise,
que « quand la maison brûle, il faut éteindre le feu puis s’occuper des
fondations », "la crise est passée, selon M. Sami MOULAY et il est
temps de repenser les systèmes et les institutions".
En se penchant sur la question, M. Gianni DE
MICHELIS confirme la nécessité d’instituer un nouvel ordre économique où
l’approche d’intégration régionale se fond dans une approche d’intégration
mondiale. Ce n’est pas à travers les régulations économiques qu’on assurera une
relance économique durable. L’unique moyen est de travailler en réseaux et
d’instituer une forme de gouvernance globale des économies. "La
crise a changé les bases de concurrence, disait M.
Gianni DE MICHELIS.
Elle
incite à dépasser la politique de
voisinage pour une intégration
réelle et une étroite collaboration des pays sud-méditerranéens avec
l’Europe".
M. Manuel MARIN constate que la crise a été provoquée par
trois facteurs : la spéculation financière, l’absence de contrôle efficace
et le grand déficit des gouvernances à l’échelle mondiale, des aspects qui ne
sont pas nouveaux et qui ont fait l’objet déjà de plusieurs discours par le
passé. Selon M. Manuel MARIN, "La crise est une
crise de morale collective. Il faut aller au delà des discours pompeux pour
mettre en œuvre une architecture institutionnelle internationale
renouvelée".
M. Philippe DE FONTAINE VIVE a rejoint M.
Manuel MARIN dans l’idée de la crise morale. "L’incendie
est éteint, disait-il, mais il laisse des
braises". Il ne faut pas,
selon lui, dans ce nouvel ordre mondial, se précipiter et modifier trop vite le
rôle des acteurs économiques. Il faut instaurer la confiance à travers des règles justes pour réussir
l’intégration euro-méditerranéenne et drainer les investissements dans les deux
sens : nord et sud. Il a remercié, par ailleurs, la Tunisie d’avoir été
parmi les premiers pays à adhérer au Centre Pour l’Intégration Méditerranéenne.
La Tunisie,
selon lui, est l’un des meilleurs exemples d’intégration.
Selon M.
Najy BENHASSINE, "Ce n’est pas un problème de
réforme c’est un problème de mise en œuvre des réformes".
L’accès à
l’information est la clé de voûte d’une coopération étroite entre l’Etat et
l’Entreprise. Si l’on veut que l’Etat soit attentif aux besoins des entreprises,
leur assouplisse les procédures administratives, les encourage, il faut que les
entreprises, en contre partie, fournissent à l’Etat une information
intélligible, fiable et transparente. La communication des résultats financiers
via des sites web est une bonne chose mais reste non suffisante
puisqu'elle ne couvre pas la totalité de la réalité et du vécu de
l’entreprise. |