En sa qualité d’animateur, M. Moncef CHEIKHROUHOU
a ouvert le deuxième panel, intitulé Services Publics et Gouvernance. Il s’est
interrogé sur l’ampleur des changements que nous sommes en train de vivre et des
enjeux économiques qu’ils suscitent. " Le monde
est en train de changer en profondeur prônant le multilatéralisme, disait-il.
Les pays maghrébins doivent saisir l'opportunité et en trouver une
place".
En se penchant sur la question de bonne
gouvernance, M. Zouhair MDHAFER a précisé qu’un effort de définition s’impose
pour une telle question alarmante, interpellant tous les acteurs. Il a souligné
que "La bonne gouvernance est un problème
d'équilibre entre trois principaux acteurs : l'Etat, l'Entreprise et les
citoyens. Transparence, responsabilité, participation, adhésion et appropriation
en sont les maîtres mots, garants de la réussite ". Dans cette
relation d’échange et de coopération, il incombe à l’Etat, à travers
l’administration publique, de jouer un rôle d’impulsion, de régulation et
d’accompagnement. Pour y parvenir l’administration tunisienne a fait l’objet,
durant les cinq dernières années, d’une réforme en profondeur axée
principalement sur quatre dimensions :
- La simplification des procédures où 90% des
autorisations, par exemple, ont été remplacées par des cahiers de charge ;
- La proximité des usagers : la maison
des services publics a été créée dans ce sens pour fédérer plusieurs services
administratifs et réduire les déplacements des usagers ;
- L’allongement des horaires de
travail ;
- Le développement de l’administration
électronique.
La réforme administrative s’est accompagnée d’une
politique de ressources humaines ayant pour fin d’instaurer une nouvelle culture
de méritocratie et d’attirer les meilleures compétences.
Selon M. Reda HAMIANI, "Une
réforme, si l'on veut réussie, doit être servi par un appareil administratif au
diapason des enjeux économiques… Face au défis de l’intégration, la mise à
niveau s’impose ".
Toutefois, les entreprises
algériennes devraient sortir de l’emprise excessive de l’économie rentière vers
une économie libérale plus orientée vers la prise d’initiative. L’intégration
nous incite à mettre à niveau nos administrations. Le guide de bonne gouvernance
pourrait en être l’un des moyens.
M. Jean-Louis GUIGOU a soulevé le rôle de
l’Etat comme garant de la vision à long terme. L’Etat doit produire l’unité et
la cohésion. Sans doute sa coopération avec le secteur privé est nécessaire mais
pas suffisante car "Dans
une économie stable et équilibrée, il n’y a pas seulement deux principaux
secteurs : les secteurs privé et public. Il y en a un troisième : le
secteur collectif. Ce secteur fait 20% du PIB des pays
scandinaves". L’intégration des pays
euro-méditerranéens, selon lui, est désormais plus qu’indispensable. Elle permet
de résister aux coalitions économiques qui se forment et à la montée fulgurante
et dévastatrice de l’économie chinoise.
M. Tarek EL
BAHRI a insisté sur la nécessité de restructurer l’administration publique selon
une approche de qualité totale. Il déclare que "La
qualité est un enjeu majeur pour nous, les administrations. Le programme de
qualité lancé en Tunisie est une source d’énergie et de travail en commun pour
les secteurs public et privé". |