« Formation et emploi : compétence
et flexibilité » est l’intitulé du troisième panel. M. Moncef CHEIKHROUHOU,
animateur de ce panel, pense que la question est très importante car
"L’emploi
est le vrai indicateur de relance économique et du début de sortie de la
crise".
En développant un regard critique sur ce sujet, M.
Jean Pierre RAFFARIN constate que le monde vit aujourd’hui un paradoxe. D’un
côté, le drainage des investissements étrangers et l’intégration économique
incitent au développement de hautes compétences capables de suivre les
évolutions technologiques. De l’autre côté, le besoin de flexibilité et
l’instabilité suscitent un recours excessif aux petites qualifications. Alors
toute la question est de savoir comment promouvoir la formation dans un climat
d’instabilité et de flexibilité. Selon lui, "La
bataille de l’avenir c’est la bataille d’intelligence… La Tunisie est parmi les
rares pays qui ont su gérer et traverser la crise". Il n'y a pas de solution miracle, pour
résorber le chômage. l’auto-emploi pourrait en être l’une des solutions.
M. Montassar OUALI constate que les statistiques
sont inquiétantes quant au chômage mondial. Le nombre de chômeurs avoisine le 1
milliard de personnes dont presque 89% appartiennent à des pays en
développement. Pour y remédier, notre perception de l’emploi devrait changer.
Nous devrions évoluer d’une approche classique de qualification, déconnectée des
besoins réels du marché, vers une approche de compétence renforçant la capacité
de polyvalence, de créativité et d’entrepreneurship des diplômés. "Passer
de l’acquis au requis tout en pensant à l’évolutivité : une équation
difficile à résoudre mais à penser".
M. Philippe GARABIOL pense que "Le
vrai challenge est d’insérer l’économie souterraine dans l’économie régulière à
travers l’allégement des charges sociales et le développement de
compétences". La flexisécurité pourrait concilier
l’intérêt économique aux enjeux sociaux et ce, en assurant une redistribution
plus productive de l’emploi, plus de formation et plus de polyvalence. La
flexisécurité, à en croire M. Philippe GARABIOL est un engagement réciproque
vers la croissance.
Selon M. Thami GHORFI, "créer
des emplois artificiels est un reflexe des pays riche. Nous, enfants des pays
pauvres, devons trouver des solutions adaptées à notre contexte".
Trois domaines peuvent générer des perspectives d’emploi pour les pays
maghrébins : l’off-shoring, l’énergie
et l’environnement.
M. Tletli a clôturé le panel en précisant que le
défi de l’emploi est à relever à travers la stimulation des investissements et
la restructuration de l’économie. Une économie à forte valeur ajoutée crée des
emplois. "La politique d’emploi active crée
une discrimination positive, disait-il, pour les catégories difficilement
insérables". Il s’avère
nécessaire, en outre, d’assurer l’adéquation de la formation aux besoins du
marché. Pour ce faire, trois mesures s’imposent :
- Inverser les structures en allant vers
l’autonomie de l’université et la professionnalisation des licences.
- Présenter des diplômes co-construits.
-
Motiver les formateurs. |